Tout ou presque sur le SLAM :


Vienne à l'heure de la "Poésie urbaine"
L'âme Slam

"Post script homme", "Barbie tue rick" ou "Vers saint rhétorique" alias Djamel, Hélène et Marco jouent avec les mots. Mais ils ne se contentent pas de les écrire. Ce qu'ils aiment aussi, c'est les dire. Devant un public, sans musique. Juste avec leur voix. C'est ce qu'on appelle le Slam.

Ca sert à quoi tout ça? Avec une franchise déconcertante, le jeune homme pose la question à Marco alias "Vers saint rhétorique", un slameur venu avec d'autres "bavards" de son genre, à la rencontre des élèves du lycée technique Galilée à Vienne.
"Personne n'a jamais la parole. Les scènes Slam que nous proposons permettent simplement à tout le monde de s'exprimer car la parole de chacun est extrêmement importante" répond le spécialiste, fondateur et animateur de la "Section Lyonnaise des Amasseurs de Mots" et du "Cercle des poètes apparut". Mais comme une démonstration vaut toutes les explications, place au Slam.
Avant de se lancer dans la diction d'un texte, Marco souligne que les règles sont précises pour participer à une scène : "On ne vient pas au dernier moment alors que tous les autres ont fait la queue. Dans une boulangerie, je ne supporte pas qu'on me passe devant. Ici, c'est pareil" explique le maître de cérémonie. Ensuite, on ne garde le micro que cinq minutes, pas plus, pour laisser la place aux suivants. Enfin la voix n'est pas accompagnée de musique ("il y en a partout, ça suffit" s'insurge celui qui revendique le "terrorisme lexical"). Autant que le Slam n'a rien à voir avec le rap, même si certains slameurs sont issus de milieu hip-hop et que les deux disciplines se retrouvent sous la bannière "pratiques urbaines".
Pour célébrer cette poésie moderne dite "urbaine" chacun peut dire ou lire son texte pour faire passer ses envies, ses regrets, ses colères, son humour, etc. Ce qui intéresse les slameurs, ce sont les mots. "Pourquoi les laisser au plaisir des académiciens qui font les règles? Le langage n'est pas malade, il est au contraire plein de vie" martèle celui qui incarne dans la région l'âme slam. A propos de la poésie, les slameurs ont décidé de la faire renaître en donnant à tous la possibilité de se l'approprier : "Cette culture qui a fait la richesse de la France, à force de conservatisme, d'élitisme et d'a priori, s'est lentement sclérosée et s'est trouvée de plus en plus délaissée. Grâce au Slam, plus pétillante que jamais, démocratisée et dépoussiérée de poncifs encombrants, elle descend de sa tour d'ivoire et accueille tout ce qui bouge" indique olivier Boyron, de l'association viennoise "Les Polysémiques".
Cette renaissance est bien réelle à Vienne où le théâtre, la bibliothèque, le lycée technique et les centres sociaux ont choisi de s'associer pour proposer en février des ateliers de sensibilisation à l'écriture rythmique grâce auxquels les participants découvriront les techniques pour jongler avec les mots, les sonorités, les syllabes, pour apprendre à soigner le fond tant que la forme.
Mais le Slam, ce n'est pas qu'un jeu. Ses défenseurs entendent en faire aussi "un mouvement social porteur d'une mission citoyenne, une sorte de contre pouvoir verbal". "L'essentiel est de s'exprimer. L'expression personnelle transcende l'individu pour défendre les intérêts de tout un groupe"
C'est ainsi qu'Hélène alias "Barbie tue Rick" dégomme la célèbre poupée "zarbie", "la conne icône des bobonnes". Qu'Olivier alias "Mix, Ô ma prose" dénonce un monde où "tout va si vite, tout va...scille". Que Lionel, alias "Reste cool Nikof" regrette que "dans nos salons, Chazal se croit chez elle" ou avoue qu'il se sent "utile comme la clim' aux Ménuires en plein hiver". Que Djamel alias "Post Script homme" se délecte de son "permis de rimer, permis de port d'art". Pêle-mêle, les slameurs parlent avec gravité ou lég
èreté de la pub, de l'alcool, du sexisme, des téléphones portables, de la télé,etc.


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