Tout ou presque sur le SLAM :


Le slam poésie des temps modernes



Samedi, à l'occasion de la seconde édition des journées de la poésie urbaine, la salle de fêtes a raisonné tout au long de l'après-midi et jusque tard dans la nuit, au son des textes des "slameurs". Poètes amateurs ou confirmés s'étaient donné rendez-vous pour promouvoir le Slam.

Contrairement au film de Peter Weir, "Le cercle des poètes disparus", ces amateurs de mots ne sont pas une espèce en voie de disparition. Loin de s'éteindre, la poésie connaît en effet un certain renouveau à travers le Slam. Concrètement le Slam "consiste à déclamer, hurler ou murmurer sur scène un texte qu'on a écrit, aimé lire ou qui nous passe par la tête", explique Olivier Boyron, fondateur en 2002 de l'association "Les Polysémiques", dont le but est de promouvoir et développer le Slam. Histoire aussi de dépoussiérer la poésie de son côté élitiste et de la remettre au goût du jour.
Pour découvrir le Slam, "Les Polysémiques" ont organisés samedi à la salle des fêtes, la seconde édition de "Autour du Slam" avec le soutien logistique de la Locomysic. Une manifestation assurant la transition entre le "Printemps des poètes" et la "Semaine de la francophonie". En début d'après midi samedi, Bill Dum Dum et Schoupntz, deux slameurs des "Polysémiques" démontrent leur talent à jouer avec les mots en ouverture de cette deuxième "Journée de la poésie urbaine". Une trentaine de personnes amassées au premier étage de la bibliothèque, les écoutent religieusement parler d'eux et du quotidien.

Une discipline ouverte à tous
Dans la prose du premier, Baudelaire et Verlaine côtoient Bob Marley et Jacques Dutronc pour évoquer Paris. La seconde lit un texte inspiré de son expérience d'institutrice.
Tous deux ont découvert le Slam en 2002 grâce à Olivier Boyron et ont vite rejoint "Les Polysémiques". Derrière leur nom de scène se cache un Webmaster et une institutrice d'âge mur, preuve que le Slam n'est pas réservé à une catégorie de population mais bel et bien ouvert à tous. Exemple de cette ouverture à toutes les cultures, la présence à la salle des fêtes aux côtés des Polysémiques d'autres associations Viennoise dont "Fœtus" et "Topik'art".
Une richesse culturelle reflétant bien l'esprit du Slam, comme nous le rappelle Schounptz, l'institutrice. "Le slam est essentiellement un espace de liberté ouvert à toutes les générations. C'est la liberté de parole, le plaisir des mots." Tandis que Bill Dum Dum considère que le Slam est le mot moderne pour qualifier la poésie. Le plus souvent les textes de Schounptz sont dits avec légèreté, parfois avec colère. Un rien l'inspire. "Je slame aussi bien sur les chaussures de ma fille que sur des pensées plus profondes et plus personnelles", assure t-elle.
Les poèmes de Bill Dum Dum sont eux largement inspirés par la littérature et la chanson. "Au début mes slams n'étaient faits qu'à partir de titres de chansons reliés par des mots de liaisons. Maintenant, j'insère des vers entiers."
Bill se dit attiré par le Slam car "c'est la seule expression artistique où l'on est à la fois acteur et auditeur".
Tout rendez vous de Slam se doit donc d'organiser une "slam session", une rencontre entre slameurs où tour à tour chacun se présente sur scène pour dire son texte. Après les expositions et les démonstrations de l'après-midi, place samedi soir aux prestation scéniques des slameurs.

Joutes verbales
Les règles de ces "joutes verbales" sont simples : ouvert à tous, chaque passage est limité à un texte de cinq minutes maximum, les slameurs peuvent traiter n'importe quel sujet. Un verre étant offert à la suite du premier passage sur scène.
Tout au long de la soirée, slameurs débutants et confirmés se sont succédé pour lire ou réciter leur prose. De l'hommage à Claude Nougaro, à la critique acerbe de la publicité, du quotidien aux violences policières, la richesse du Slam vient de sa diversité.
De ce second week-end " Autour du Slam", on retiendra le premier slam de cette jeune fille qui a surpassé sa timidité pour monter sur scène et déclamer son texte plein d'innocence et de gentillesse. Preuve que le slam ne
cesse de faire de nouveaux adeptes et de perpétuer ainsi le renouveau de la poésie.


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